Sur Facebook, vous êtes ce que vous aimez

Mark ZukerbergUne étude anglaise révèle avec précision que les «likes» des utilisateurs peuvent trahir des éléments de leur personnalité.

Rien de plus innocent qu'un clic sur le bouton «J'aime» de Facebook ? La National Academy Of Sciences vient de publier une étude de Cambridge qui tendrait à prouver le contraire.

Les chercheurs anglais ont réuni un panel volontaire de 58.466 inscrits américains et ont épluché leurs profils. En rapprochant ces données de questionnaires de personnalité, ils ont pu créer un algorithme capable d'extrapoler des informations personnelles des profils Facebook.

Cette expérience concerne de nombreux domaines, jusqu'aux plus improbables: âge, couleur de peau, orientation sexuelle, politique, mais aussi la consommation de tabac et de drogues, la timidité de l'utilisateur, le fait de savoir s'il est en couple ou si ses parents ont divorcé. «Vos likes en disent plus que vous ne le pensez», résume David Stillwell, chercheur à Cambridge.

Plus l'information en question est intimement liée à l'utilisateur, plus la probabilité qu'un clic sur bouton «J'aime» soit révélateur est élevée. La couleur de peau est devinée dans 95% des cas et l'homosexualité dans 88% des cas. Ce taux passe à 85% sur les préférences politiques. Il tombe à 65% pour identifier les consommateurs de stupéfiants.

«On peut en apprendre beaucoup sur vous»

Les rapports entre sujets «aimés» et traits de personnalités, qui tiennent à première vue du préjugé, sont recoupés dans les données du panel. Fan de la série Glee? Vous êtes probablement gay. Inconditionnel du catch? L'inverse. Les amateurs de jeux à boire sont extravertis alors que les fans de science-fiction sont timides. Les goûts musicaux seraient liés au nombre d'amis. Les amateurs de musique populaire le sont aussi dans la vie. Les citations préférées du panel révèlent leur histoire et les liens qu'ils entretiennent avec leur famille. Ces données semblent parfois absurdes: le type de frite préféré serait révélateur du quotient intellectuel.

Facebook a déclaré ne pas être surpris par ces recherches. D'autres études ont déjà été menées sur le même thème. Le bouton «J'aime», apparu sur le site en 2009, génère des données qui peuvent intéresser des applications, des annonceurs et le site lui même. Chaque jour, 2,7 milliards de «J'aime» sont ajoutés aux profils. Facebook rappelle que leur affichage peut être limité à un cercle d'amis prédéfini.

(LeFigaro.fr)